Casques d'équitation : comprendre les normes de sécurité
Quand on parle de casque d'équitation, on parle souvent de sécurité et de normes. C'est l'une des préoccupations principales, et légitimes, de tout acheteur : la sécurité du cavalier repose en grande partie sur son casque. Depuis 2014, les normes ont évolué et se sont durcies pour vous apporter toujours plus de sécurité et s'adapter aux exigences du terrain.
La sécurité, la protection et l'innovation sont au cœur de la conception de nos casques d'équitation, et dans notre ADN issu de la moto. Connaître les normes applicables, comprendre leurs exigences, savoir comment et pourquoi les tests sont réalisés : difficile d'y voir clair, alors on vous explique tout.

À quoi sert une norme et comment est-elle écrite ?
Une norme définit un niveau de performance minimal qu'un produit doit atteindre pour garantir la sécurité de son utilisateur. Pour les casques d'équitation, elle fixe des seuils précis à ne pas dépasser lors d'un choc, mesure la résistance et la stabilité de la jugulaire, ainsi que la résistance à la pénétration ou à l'écrasement.
Une norme n'est jamais écrite par un seul acteur. Elle résulte d'un travail collectif mené par des comités techniques européens (working groups) et nationaux (AFNOR), qui réunissent fabricants, laboratoires d'essais indépendants, fédérations sportives, médecins et parfois chercheurs. Ces experts confrontent données d'accidentologie, avancées scientifiques et retours du terrain pour déterminer quels tests réaliser, avec quels appareils, et quels seuils considérer comme suffisamment protecteurs. Le texte final est ensuite validé, publié, harmonisé, puis révisé périodiquement pour intégrer les évolutions.
Chez NACA, nous fabriquons des casques de moto, de vélo, d'équitation et de ski. Les normes sont au cœur de notre quotidien, et nous suivons de près leurs évolutions.
La norme EN 1384 : son histoire
La norme EN 1384 est la référence européenne historique pour les casques d'équitation. Jugée insuffisante, elle est abrogée en 2014. Le vide réglementaire est alors comblé par un document transitoire, le VG1 : un projet provisoire, jamais officiellement validé comme norme à part entière, et aujourd'hui totalement caduc.
En 2017, une nouvelle version, l'EN 1384:2017, est publiée. Elle ne sera cependant jamais harmonisée, c'est-à-dire jamais officiellement reconnue au niveau européen comme preuve de conformité au règlement EPI.
Il faudra attendre 2023 pour que la norme soit republiée et validée sous sa forme définitive : l'EN 1384:2023, qui constitue aujourd'hui la norme de référence européenne pour les casques d'équitation.
Les tests d'homologation
Les tests d'homologation sont réalisés dans des laboratoires certifiés, habilités à délivrer des attestations de certification.
La préparation des casques
Avant même les tests d'impact, chaque casque est « préparé ». Les tests sont réalisés dans différents conditionnements, pour vérifier que la protection reste la même par temps de canicule, un matin d'hiver ou après plusieurs années d'usage. Trois lots d'échantillons sont conditionnés pendant 4 heures avant les tests :
- un lot exposé au froid (-20 °C) ;
- un lot exposé à la chaleur (+50 °C) ;
- un lot vieilli artificiellement, soumis aux UV et à l'humidité pour simuler l'effet du soleil et de la pluie sur plusieurs années d'utilisation.
Les tests pratiqués
- L'absorption des chocs : le casque, posé sur une fausse tête équipée de capteurs, est lâché sur une enclume (plate ou en forme de bordure de trottoir) à une vitesse d'impact précise de 5,94 m/s, soit l'équivalent d'une chute d'environ 1,80 m pour l'enclume plate. Le capteur mesure la décélération subie par la tête : plus elle est faible, mieux le casque a absorbé l'énergie du choc. La limite à ne pas dépasser est fixée à 250 g.
- La rigidité latérale : ce test vérifie que la coque résiste à une pression latérale sans se déformer excessivement. Il simule un écrasement, en cas de chute avec glissade ou de choc contre un obstacle fixe.
- La résistance et la stabilité du système de rétention (la jugulaire) : un poids est lâché sur la jugulaire fermée pour s'assurer qu'elle ne cède pas. Un autre test vérifie que le casque reste bien en place au moment du choc. Un casque qui se détache ou qui bascule vers l'avant ou l'arrière ne protège plus.
- La résistance à la pénétration : une pointe est lâchée sur la coque pour vérifier qu'elle ne transperce pas la structure et n'atteint pas la tête du cavalier.

Chaque test doit être réussi sur les trois conditionnements (froid, chaud, vieillissement artificiel) pour que le casque obtienne sa certification. C'est cette exigence de constance, quelles que soient les conditions, qui distingue une norme sérieuse d'un simple contrôle qualité en usine.
L'EN 1384:2023 s'est considérablement durcie depuis 2014 : les tests de choc sont plus sévères, les tests de résistance à la pénétration sont renforcés, et le test de rigidité latérale est passé d'une force de 630 à 800 newtons. Ces évolutions nous obligent, en tant que fabricant, à repenser constamment nos matériaux et nos procédés pour offrir une protection toujours plus élevée.
Certificat et responsabilité du fabricant : le contrôle continu de la production
Une fois ces tests réussis, l'organisme notifié délivre au fabricant une attestation d'examen UE de type, valable 5 ans maximum, qui doit ensuite être renouvelée pour continuer à commercialiser le modèle. Elle autorise l'utilisation du marquage CE, qui confirme la conformité du produit à la réglementation européenne.
Entre deux renouvellements, la responsabilité de vérifier la conformité de la production revient au fabricant lui-même. C'est là que la fabrication 100 % française de NACA prend tout son sens : parce que nous fabriquons nos casques dans notre atelier de Signes, dans le Var, nous maîtrisons l'intégralité de notre chaîne de production et réalisons nos contrôles internes directement sur site.
Prélèvements d'échantillons, essais de vérification réguliers : chaque étape est réalisée chez nous, par nos équipes, pour s'assurer que les casques qui sortent de l'atelier offrent toujours le même niveau de protection que celui validé lors de la certification initiale. C'est cette maîtrise complète, du premier prototype au dernier casque produit, qui garantit la constance de notre qualité.

Et aux États-Unis, quelle norme ?
Aux États-Unis, il n'existe pas d'équivalent de la réglementation européenne EPI qui rendrait une norme obligatoire à l'échelle fédérale. Ce sont des organismes privés, comme l'ASTM (American Society for Testing and Materials), qui rédigent des normes volontaires, selon lesquelles chaque fabricant peut en théorie s'auto-certifier.
Le label SEI
Pour l'équitation, la fédération exige cependant que les casques portent le label SEI (Safety Equipment Institute). C'est un label qualité qui va au-delà du simple test produit : il impose au fabricant un manuel qualité et des procédures documentées, qui garantissent que toute son organisation, et pas seulement le casque testé en laboratoire, respecte des exigences strictes et constantes. Les tests initiaux doivent être réalisés par un laboratoire validé par la SEI, et chaque modèle doit repasser des tests de certification chaque année. Le label SEI est donc un véritable gage de rigueur et de conformité de la production.
ASTM F1163-23 et EN 1384:2023 : quelles différences ?
La norme américaine de référence est aujourd'hui l'ASTM F1163-23, dont la rigueur est jugée comparable à celle de l'EN 1384:2023. Les deux normes partagent une philosophie proche, avec quelques différences :
- Conditionnement : froid et chaud dans les deux cas, mais immersion dans l'eau côté américain au lieu du vieillissement artificiel européen, avec en plus un test à température ambiante non prévu par la norme européenne.
- Impacts : 4 zones testées aux États-Unis contre 3 en Europe, mais avec un seuil de tolérance plus élevé (300 g au lieu de 250 g).
- Pénétration et rétention : contrôles comparables. La différence tient surtout au protocole d'essai et aux équipements des machines de test.
Le COMETE, doublement certifié
Chez NACA, nous avons fait le choix de faire certifier notre casque COMETE selon les deux référentiels : l'EN 1384:2023 et l'ASTM F1163-23 avec le label SEI. Cette double certification, vérifiée par deux laboratoires indépendants sous deux cadres réglementaires distincts, nous permet de commercialiser nos casques dans le monde entier.
Elle répond aussi aux exigences de la FEI (Fédération Équestre Internationale), qui impose pour les compétitions internationales un casque conforme à l'une des normes reconnues et associé à un label qualité. Une double garantie, qui atteste à la fois de la performance du produit et de la rigueur de sa fabrication et du contrôle de la production.
Quid de la PAS015, la norme britannique ?
La PAS015:2011 (Publicly Available Specification 015) est une norme britannique pour les casques d'équitation, publiée par la BSI (British Standards Institution). Elle a été créée comme alternative britannique, le Royaume-Uni ayant depuis longtemps sa propre tradition normative, bien avant le Brexit.
La PAS015 n'est pas reconnue par la Commission européenne comme équivalente à l'EN 1384 et ne peut donc pas s'y substituer pour une mise sur le marché dans l'Union européenne. Elle a été officiellement retirée le 3 janvier 2025.
L'expertise NACA qui fait la différence
Comprendre ces normes est une chose. Les maîtriser au quotidien, dans la conception et la fabrication de chaque casque, en est une autre. Depuis plus de 12 ans, nous concevons et fabriquons des casques de protection pour de nombreux sports et pour la moto : une double culture qui nous permet de croiser les exigences et les savoir-faire de différents univers de la protection de la tête.
Cette expertise ne se limite pas à un bureau d'études. Elle vit dans notre atelier de Signes, où sont développés nos prototypes et fabriqués tous nos casques. Cette proximité entre conception et production nous permet d'ajuster, de tester et de corriger en continu. Chaque évolution normative, comme l'EN 1384:2023, est directement intégrée à notre processus de fabrication et de certification. Fabriquer soi-même, c'est répondre soi-même de chaque casque qui sort de l'atelier.
Cette logique se prolonge après la vente : le SAV de nos casques est traité directement dans l'atelier où ils ont été fabriqués. Les artisans qui examinent un casque endommagé ou répondent à vos questions sont ceux qui connaissent, pièce par pièce, le casque que vous portez. De la norme au prototype, du prototype à la production, de la production au service après-vente : c'est cette maîtrise complète qui fait de NACA un fabricant qui connaît les normes de l'intérieur.

Pour aller plus loin, découvrez nos conseils pour bien choisir, ajuster et porter son casque d'équitation et pourquoi il faut changer son casque après une chute.
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Questions fréquentes
Les casques NACA sont-ils homologués pour le cross ?
Il n'existe pas de norme ni de réglementation spécifique au cross : les règlements imposent seulement le port d'un casque homologué, quelle que soit la discipline. Tous nos casques certifiés peuvent donc, réglementairement, être portés en cross.
Au-delà de l'obligation réglementaire, le bon sens impose de choisir un casque adapté à la pratique. Sur un parcours de cross, on évitera par exemple une grande visière, qui pourrait gêner la visibilité dans les moments où elle compte le plus. Pour cette discipline, nous recommandons de porter nos casques sans visière ou avec une visière courte.
Consultez le règlement FFE du concours complet et le règlement FEI du concours complet.
Les casques NACA sont-ils homologués pour les courses de galop ?
Le Code des courses au galop exige que les jockeys portent des casques marqués CE et faisant référence à la norme EN 1384:2023. Les modèles GRAVITY TR, COMETE XP et COMETE S sont conformes à cette exigence : vous pouvez donc les porter en course. Référence : Bulletin officiel des courses au galop n°3 ter du 2 mars 2023.
Peut-on porter un casque NACA en Pony Mounted Games ?
Au niveau international, le règlement 2026 de l'IMGA (International Mounted Games Association) n'autorise que les casques de type « jockey », de forme ronde ou elliptique régulière, à surface lisse ou légèrement abrasive, sans visière ni extension de type visière. Seules sont tolérées des visières lisses et arrondies ne dépassant pas 5 mm. Cette exigence de sécurité est directement liée aux risques de contact et de chute propres à cette discipline rapide.
Nos modèles GRAVITY et COMETE portés sans visière sont donc parfaitement adaptés à cette discipline.

